Avant toute chose: Bonne Année et meilleurs voeux à vous tous (tellement nombreux !) qui lisez les modestes billets de ce blogue.
Cette année commence fort, violemment et difficilement dans cette actualité de chaque instant qui nous rappelle que les moments de joie, sans parler du bonheur, ne sont pas l’affaire de tous. Ils ne l’ont jamais été me direz-vous.
Bref, je fais partie des chanceux et chanceuses qui ont eu des vacances et je fais également partie de ceux et celles qui ont pu faire tout ce qu’ils voulaient. Pour moi, il s’agissait de pouvoir lire!
Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pu lire tranquillement sans garder un oeil sur l’horloge et l’autre sur l’écran de mon ordinateur. Mais là-bas (j’étais en Gaspésie) point d’internet, seulement le bruit cadencé du ressac.
J’ai donc pu lire tout à mon aise (entre autres) Propaganda d’Edward Bernays.
Ce livre qui date de 1928, et que tout le monde a lu, m’a intriguée, m’a forcée à me poser pas mal de questions et à chercher à y répondre en toute honnêteté.
Ma première réaction, à la lecture de la présentation de Normand Baillargeon, a été de sauter au plafond. J’avais entendu parler de cet ouvrage mais là, vraiment, ça n’avait pas de bon sens/sang (??).
Trop curieuse de lire les mots (traduits, j’en conviens) de l’auteur lui-même, je commençai ma lecture de ce si petit livre, criant d’actualité à bien des égards.
Tout au long de ma lecture, j’ai oscillé entre l’accord et le désaccord avec les propos, les idées de cet homme: sa façon d’envisager la démocratie,l’opinion publique, les relations publiques, leurs rôles et leurs motifs, leur marge de manoeuvre et leurs outils.
Voyons, pour aujourd’hui, les deux premières.
Une démocratie de vitrine?
Pour lui, l’objectif est que « nous puissions vivre ensemble au sein d’une société au fonctionnement bien huilé » (p. 1) ou encore d’obtenir « une vie bien réglée » (p. 3). J’ai de la difficulté, à la lecture de l’ouvrage, à comprendre ce « bien huilé, bien réglé ». Bien réglé pour qui, d’après qui, pourquoi et comment?
Pas tellement de réponse, comme des évidences jetées sur le papier: la masse s’accommode à merveille des choix que fait pour elle un « gouvernement invisible« . En même temps, cette minorité-qui-sait, manipule consciencieusement l’opinion publique pour qu’elle lui donne raison (à la minorité), tout naturellement.
Bref, la démocratie n’est qu’un leurre, une tocade que l’on a accordée au « bas peuple » pour qu’il arrête de nous casser les oreilles avec ce qu’il veut alors qu’il ne sait pas, ne comprend pas et n’est pas à même de participer aux prises de décisions.
Ainsi, du fait du système démocratique (et même cela tombe sous le sens d’après lui), les hommes qui nous gouvernent « modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées« .
« Modeler l’opinion des masses pour les convaincre d’engager leur force nouvellement acquise dans la direction voulue » est une pratique qu’il estime inévitable (p.11).
Mais d’affirmer plus loin, je cite « la nouvelle propagande sert plus souvent qu’on ne veut bien le croire à cerner les désirs des masses et à les réaliser » (p.20) car, tout de même, existent des regroupements de personnes ayant des intérêts/ une cause commun(e)s qui vont pouvoir s’exprimer (?) grâce à la nouvelle propagande.
Bref, difficile, pour moi, de démêler là-dedans, ce qui vient ou non des « masses » ou bien de ceux qui manipulent l’opinion publique.
J’avais cru comprendre que l’opinion publique était non seulement le fruit de ce que disent les médias de ce que pensent les gens, mais également un peu de ce que pensent les gens quand ils s’expriment! Je viens de me relire et me trouve ardue aujourd’hui…mea culpa.
Finalement, c’est peut-être la difficulté de saisir ce qu’est la réalité de ce concept d’opinion publique qui explique ma confusion.
Encore une fois, qui de la poule ou de l’oeuf, du média ou de l’opinion (publique) a commencé?
Prochain billet sur le rôle du conseiller en relations publiques qui m’a moins fait sauter au plafond!

0 Responses
Stay in touch with the conversation, subscribe to the RSS feed for comments on this post.