Skip to content


Un dialogue possible avec les électeurs ?

Dans sa lettre publiée dans Le Devoir aujourd’hui, le docteur Réjean Hébert rend compte d’une découverte qu’il a faite pendant la dernière campagne électorale provinciale (il était alors candidat du Parti Québécois). En campagne, l‘accessoire l’emporte sur la substance, titre-t-il, et d’expliquer que « ce n’est pas parce que les candidats et les partis sont dépourvus d’idées et ne souhaitent pas les débats, mais parce que les discussions de fond ne sont pas permises sur la place publique, essentiellement gérée par les médias. »

 

Opinion publique et pouvoir des médias

Comme nous le savons toutes et tous les médias influencent très fortement l’opinion publique, voire même lourdement parfois, et « la soi-disant règle d’égalité apparente des médias envers les partis politiques » fait que si un jour « vous faîtes un point de presse et que votre adversaire n’a rien à dire cette journée-là, eh bien votre annonce tombe à plat ou ne sera pas couverte« .

Dommage, quand même, d’avoir des choses à dire, voire peut-être des solutions à proposer au peuple (parce que c’est quand même lui qui vote, le peuple) et de ne pas pouvoir être diffusé, être entendu. 

Encore une fois, les questions pièges, les « comment désarçonner untel ou unetelle » priment sur le fond, sur le contenu, sur la question « comment faire avancer les choses? » ou encore « comment se sortir de telle embûche? » 

 

De la différence entre la notion de public et celle d’électeur

Comme il le dit si bien, « le public a besoin d’information pour faire un choix éclairé en temps d’élection » avant de conclure qu’ « une élection doit redevenir un moment pour discuter des choses sérieuses« .

Je me suis permise de citer ce texte parce que les choses y sont bien dites et qu’il soulève une question tellement importante à mes yeux: comment dialoguer (le docteur Réjean utilise le verbe discuter) avec les électeurs quand on fait de la politique et que

- ce qui véhicule les informations, le média, doit nécessairement faire un choix,

- les journalistes posent les questions et décident de ce qu’est l’information digne d’intérêt pour le public.

C’est peut-être là qu’il y a un hiatus, les journalistes s’adressent à un public et les politiques à des électeurs. Le public doit racheter le journal et les électeurs doivent voter pour un programme (et non seulement pour un homme/ une femme). Il y a peut-être là un conflit d’intérêt.

Le droit du peuple  à l’information, le devoir qu’ont les journalistes de poser les bonnes questions, parfait, c’est nécessaire. Mais considérer une campagne comme un match de boxe où tous les coups sont permis réduit, justement, les électeurs à un public (c’est- à- dire un ensemble de personnes) quelque chose d’assez homogène et à qui on s’adresse…alors que les électeurs, en votant, agissent, s’expriment, s’adressent aux hommes politiques. 

Pour étudier les relations publiques, je sais bien qu’un public ça se segmente, qu’on parle de micro-public, etc.. mais les médias traditionnels telle la télévision ou encore les journaux peu spécialisés, leur but est de s’adresser au plus grand nombre, point à la ligne.

 

Bloguer en politique

Alors, en lisant ce texte je me mettais à penser à un monde où les politiques (et leurs conseillers) pourraient directement dialoguer avec leurs électeurs .. fini les intermédiaires. Ainsi, pour les cancans et le sensass’ on irait lire les journaux et pour les questions et réponses on irait discuter sur des blogues !

 

PS: ce billet est dans la ligne droite de ma réaction au documentaire À hauteur d’homme que j’ai vu il y a peu et qui me fait me poser ce type de questions. La SQPRP propose une rencontre avec Monsieur Bernard Landry mercredi prochain, le 25 février, sur le thème La politique et les médias, bon ménage ou mariage de raison? 

Je risque donc fort de revenir sur le sujet très bientôt… !

 

Mise à jour du mardi 24 février 2009: un article de Gil Courtemanche paru dans Le Devoir du week-end dernier (le samedi 21 et dimanche 22 février 2009) est fort intéressant à ce propos, permettez-moi de vous inciter à aller le lire ici

Posted in Sur le vif, divers et variés.

Tagged with , , , , , , , .


0 Responses

Stay in touch with the conversation, subscribe to the RSS feed for comments on this post.



Some HTML is OK

or, reply to this post via trackback.