Quelle rencontre ! Quel homme ! L’objectivité n’existant pas, laissez-moi vous dire tout ce que j’ai pensé de cette rencontre avec Monsieur Bernard Landry, mercredi dernier à midi.
Je vous rappelle que le thème de cette rencontre était la nature de la relation entre les politiciens et les médias.
Cet homme en a une longue expérience, de la politique et des médias, c’est pour cela que son point de vue me semble, non objectif, mais tout à fait valable quant à la qualité de ses fondements.
Ainsi, malgré le nombre de journalistes qui font ou qui on fait partie de l’entourage direct de Monsieur Landry, tous ne sont pas dignes de ce nom. Entendez ici journalistes non comme vedettes que les lecteurs sont heureux de retrouver mais bien journalistes par la qualité de l’information (et non de l’opinion) qu’ils donnent, qu’ils se doivent de diffuser au plus grand nombre, au nom du droit à l’information.
Or, a clairement expliqué et montré Monsieur Landry, nous sommes passés du devoir d’information des médias au 4ème pouvoir.
Soit.
Mais ce qui titille, c’est que ce 4ème pouvoir est le seul qui ne soit pas élu démocratiquement, qui ne puisse pas vraiment être contesté. On est alors en droit de poser la question suivante: à jouer à ce jeu, où s’arrête la liberté (de presse) et où commence donc la tyrannie?!
Cette dérive, qui a été le maître mot de cette belle rencontre, est possible car le climat dans lequel évoluent les médias est placé sous le signe de la concurrence de la logique capitaliste. Qui dit concurrence, dit concentration nous a-t-il expliqué, une concentration qui permet d’être le premier à diffuser une nouvelle pour pouvoir être partout tout le temps.
Alors, qu’arrive-t-il à trop concentrer ? il arrive ce que l’ancien Premier Ministre du Québec a nommé « l’inter- fécondation« .
À s’alimenter de ce qui est déjà dit ailleurs, on fait l’unanimité mais…on s’étouffe, on manque d’air et il y a mort par intoxication…
L’internet, le web apportent le meilleur comme le pire a répété Monsieur Landry, et on n’en a pas encore vu les deux extrèmes.
Pour le pire, il a lancé comme ça: si un journaliste peut se permettre de dire à peu près n’importe quoi dans son article en toute impunité, imaginez vous un blogueur. Et il a évoqué les rumeurs, les insultes et autres commentaires négatifs, voire grossiers, que l’on peut, lire sur certains blogues.
Ce ne sont pas la majorité, à mon avis, des commentaires qui se trouvent sur la toile. Mais pour ceux que ça intéresse Pierre Bouchard en a parlé ici et là et encore ici , il n’y a pas si longtemps.
Pour les côtés positifs, évidemment le « phénomène Obama » a été évoqué. La rapidité et la question de modifier la conversation avec le peuple (pour les hommes politiques) a paru être des atouts apportés par ce web participatif.
Encore beaucoup de choses à dire de cette rencontre, mais ce billet est définitivement, comme la plupart de mes billets, déjà trop long, donc je concluerai simplement en disant que Monsieur Landry est vraiment un bonhomme qui sait transmettre de l’espoir et même un espoir fort parce que lucide: les choses vont changer mais ça n’est pas encore la fin du monde.

La conférence de M. Landry a semblé vraiment intéressante. Je crois que les médias sont particulièrement voraces et agressifs quand il s’agit de politique. Je crois que la relation attachée-presse / journaliste en en est à son plus difficile si on compare au milieu sportif ou artistique par exemple. Trop de cachettes / contrôle de la part des politiciens ont irrité les journalistes. Ceux-ci répliquent toutefois avec souvent trop de hargne envers les élus. On se perd dans le spectacle au lieu de s’en tenir au vrai débat, aux idées, aux messages. En même temps, beaucoup trop de politiciens nous passent une « cassette » quand il parle au public. Moins d’authenticité, on sent le filtre. Alors la confiance se perd avec les médias, mais aussi la population…
En parlant de ça, Monsieur Landry a parlé de « la chasse à l’orignal » sport favori des journalistes…l’orignal étant le politique !!!
Blague à part, c’est sûr que cette méfiance ne vient pas de rien. Maintenant, vu l’état de la situation, est-il possible pour un homme/ une femme politique de sortir autre chose que la cassette (et encore, il y a cassette et cassette !) quand le moindre petit mot est décortiqué, expliqué, fantasmé, interprété par les journalistes…et comme tu le dis si bien, tout cela bien souvent « dans le champ ».
Ce matin, j’ouvre Le Devoir, je voulais en lire un peu plus sur le Conseil national de Québec Solidaire…que vois-je: « Khadir rate le Conseil national »…
Et dans le fond, qu’est-ce que s’est dit?? dur de le savoir, et pourtant j’ai un journal entre les mains…
L’anecdotique a pris le pas sur le fond…dommage.
Monsieur Landry voulait sans doute parler de son ami Joseph Facal
Plus sérieusement, je ne crois pas que les blogues ont atteint au Québec le degré d’influence qu’ils sont aux États-Unis ou en France, par exemple. En revanche, j’aime bien son analyse concernant le devoir d’information des médias. A-t-il tenté une explication de la dérive vers ce que Laurent Laplante appelait l’«éditorialisation», ie l’opinion surgissant à tout bout de champ dans l’explication des faits, alors que l’explication devrait être analytique. Que les blogueurs fassent de l’opinion leur pain et leur beurre, qu’ils jouent sur l’émotion, le coup de gueule, il n’y a rien là de bien sorcier à comprendre, mais venant de journalistes formés pour objectiver l’information, ça étonne toujours.
Il n’a cité personne, le doute plane quant au fameux journaliste !! Il n’a pas expliqué les causes de la dérive que vous mentionnez, mais il a parlé de l’inquiétude très grande de la part des professionnels de l’information qui ne « savent plus comment voir venir toute cette vague ». La panique expliquerait-elle cela? vouloir occuper une nouvelle place (au détriment de la qualité de la précédente) par peur? La question est ouverte, n’est-ce pas?!