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Suis-je une menteuse si je ne sacre pas sur les médias sociaux?

Le sous-titre de ce billet pourrait être: Ou comment être « transparente » tout en contrôlant mes propos…

Une conversation que j’ai eue hier avec Marie-Julie Gagnon à propos de e-réputation, m’a fait réfléchir au concept très « dans l’air du temps » de transparence.

Finalement, j’en reviens au même constat que je fais depuis que j’expérimente et j’utilise les médias sociaux: je ne vois aucune différence entre le contrôle que j’exerce dans ma vie professionnelle (entendez par là: ma vie un temps soit peu « publique ») et dans ma vie 2.0.
Je m’explique: même si je risque de paraître schizophrène (!) il y a plusieurs niveaux d’Aurélie et, pas plus que je m’affiche nue dans la rue, je ne pense à voix haute sur les tribunes 2.0 ! Et oui, n’en déplaise à certains, je mesure la portée de mes propos selon les personnes avec lesquelles je parle/ je twitte/ je babillardise, etc. !

Loin de moi de vouloir cacher des vérités, je préfère néanmoins essayer de garder un minimum de contrôle sur l’impression que je veux laisser dans l’esprit des gens que je rencontre. Et puis, même si je suis chez moi, dans mon espace privé avec mon chat qui ronronne à mes côtés lorsque je twitte ou que je blogue, les personnes qui vont lire ce que j’écris, sont, elles à l’extérieur de ce cadre familier, voire, inconnues de moi…

et Google, lui, n’en a que faire de la nature de mes propos et de comment ils pourraient être interprétés…avec Google point de salut: les mots, rien que les mots comptent!!!

Ainsi, de même que j’arrive rarement à un entretien d’embauche maquillée (parce que d’ordinaire je ne me maquille pas, ou très peu), je fais quand même l’effort de repasser ma chemise… ce que je veux dire par là c’est que, sans vouloir tromper personne, on est encore responsable de ce que l’on exprime…

Et vous, avez-vous une opinion différente? Pensez-vous que la zone 2.0 permette plus « d’écarts », plus de « personnel »,  que la sphère publique de notre vie à tous?

Posted in Sur le vif, divers et variés.

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9 Responses

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  1. Nadia says

    Pour t’avoir vue dans la vraie vie, disons que tu ne sacres pas tellement ;-) Pour ma part, je te dirais que si je m’exprime beaucoup sur les médias sociaux, l’écrit change le registre de ce que je communique, il me porte à rester dans un registre de language plus neutre. Sauf peut-être sur Facebook, où avec des privacy settings au max, je suis un peu plus entre amis. Et, même là, pas, je donne dans tout au plus un peu de langage familier. Sacrer avec force par écrit, il me semble que ça donne l’impression d’écrire de la fiction. Mais de se montrer, peut-être pour la première fois, dans son intimité, avec tous ses tics langagiers, ses humeurs massacrantes etc., est-ce de la transparence ou une trop grande familiarité?

  2. Patrice Leroux says

    Aurélie,
    Bon billet. En effet, il faut, selon les circonstances et contextes, se « garder une petite gêne », comme on dit par ici, y compris dans le 2.0. Certains décident de tout dire et de partager leurs moindres états d’âme et d’autres demeurent plus circonspects. C’est un choix.

    Là où ça devient plus délicat, c’est quand un employeur potentiel refuserait de vous embaucher à cause de situations compromettantes (ou ayant du moins cette apparence) et faisant partie du passé, découvertes au hasard d’une recherche Web (profils sociaux compris). Shel Holtz (le nouveau pape de la transparence en communication) a écrit un billet intéressant là-dessus il y a peu de temps. Le voici:

    http://blog.holtz.com/index.php/weblog/comments/recruiters_shouldnt_care_about_that_facebook_picture_of_your_beer_pong_game/

    Merci.

    Patrice Leroux

  3. admin says

    @Sonia : Oui c’est vrai, la question de la familiarité serait peut-être plus juste que celle de la transparence…pour les jurons!
    Le passage de l’oral à l’écrit m’oblige, moi aussi, à changer de registre..mais, encore une fois, mes limites à la familiarité et/ou à la transparence sont-elles si différentes sur le web 2.0 ou dans la vraie vie? Pas certaine!
    Contente de t’avoir vue passer par ici Sonia!

  4. admin says

    @Patrice Leroux, effectivement, tout le monde ayant potentiellement accès à ce que nous décidons de mettre en ligne (de notre propre gré, rappelons-le), un choix est à faire!
    Personnellement, je me suis déjà ravisée avant de poster un commentaire sur Twitter…et je réfléchis avant de faire un billet à la façon dont je vais tourner mes phrases. Je lis le billet de Shel Holtz que vous pointez très bientôt! Merci d’être passé par ici monsieur Leroux!

  5. Michelle Sullivan says

    Selon moi, la notion de transparence en 2.0 est souvent mal interprétée. Je ne connais personne qui dit qu’une entreprise n’est pas transparente si elle n’étale pas ses secrets industriels sur la place publique. On ne demande pas aux entreprises de se mettre vulnérable à ce point. La vie n’est pas une télé réalité, où on doit éliminer toute notion de pudeur pour sembler authentique. Le mot ‘transparence’ devrait peut-être être remplacé par ‘intégrité’ ou ‘honnêteté’. On demande aux représentants d’entreprise de cesser de se cacher derrière un personnage et de permettre que l’entreprise se dote d’un visage humain. De ne pas mentir au public. De ne pas créer de faux blogues, par exemple, ou de faux profils sur Twitter et Facebook. Tout comme on ne ment pas à nos proches si on les respecte, une entreprise se doit d’être transparente (ou honnête ou intègre) avec sa clientèle. Dans les deux cas, si l’autre découvre notre mensonge, c’est la confiance qui en prend un coup.Et si nos clients ne nous font pas confiance, on est faits à l’os. Vaut mieux être soi-même et cultiver de vraies relations.

  6. Sophie Labelle says

    Les relations publiques ont toujours eu à développer des relations durables avec des publics d’une entreprise. Le mensonge n’a pas disparu avec les médias sociaux, il ne doit pas avoir existé avec les RP traditionnels (on parle ici de vrais professionnels éthiques). Ce qui change avec les médias sociaux c’est cette sacro-sainte notion de contrôle. Les professionnels en RP disent encore la vérité, mais sur le Web on se rend compte que les messages arrivent sur notre entreprise arrivent de toute part, à tout moment. L’information demeure sur le Web à l’infini. Je pense que le 2.0 peut amener des entreprises à s’ouvrir comme jamais auparavant, à communiquer, si cela ne se faisait pas déjà, de façon plus humaine et proche de leurs publics. Mais encore faut-il réaliser de bonnes communications trads pour s’ouvrir aux médias sociaux. Si la culture de l’entreprise n’en a jamais été une basée l’ouverture, l’authenticité et l’écoute, la base des communications doit être revue.

  7. Carmen Gerea says

    Beau billet Aurélie. Pour moi aussi, comme pour Michelle, intégrité et honnêteté sont de mise sur le web au même titre que dans la « vraie vie », autant au niveau corporatif que personnel. On ne veut pas tout savoir ni sur une entreprise, ni sur une personne. Pas besoin de dévoiler ses secrets.

    Si on se restreint juste aux marques/entreprises, le web 2.0 est arrivé en même temps qu’une certaine courbe d’apprentissage du consommateur par rapport à l’expérience de marque. Du coup, le consommateur est plus avisé et il a plus de moyens de s’informer et de s’exprimer. C’est normal qu’il devienne plus exigeant, impliqué et qu’il arrête de croire aveuglement à ce que la marque raconte. Et il veut plus d’authenticité et moins de « paraître ».

  8. Marianne says

    Pour moi, il n’y a rien de privé dans le web2.0, c’est au contraire tout notre être social qui s’y déploie, simplement le medium est différent. Croire donc qu’on peut s’y exprimer comme si ce n’était pas le cas est un leurre… Claude Levis-Strauss, décédé ce jour, aurait certainement pu faire une étude sur le sujet!

  9. admin says

    Merci les filles de vos commentaires; oui la transparence dans le sens de ne pas se mentir à soi-même… déjà avec ça, on a une bonne ligne. Et puis, oui Marianne, je vais dans ton sens le Web 2.0 est un espace public… et on est encore libres de dire ce que l’on veut bien…écrire!



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