Un tweet de Michelle Sullivan cet après-midi pique ma curiosité et, de fil (un article d’André Valiquette sur le site de la SQPRP) en aiguille (le téléjournal sur Radio-canada: le métier de relationniste), je constate qu’effectivement le discours que l’on véhicule sur les relations publiques et leurs professionnels est erroné, grossier et malhonnête.
Je dirai même que le montage et les mots utilisés dans la bande sonore de ce reportage sont très significatifs du message (très contrôlé, lui) que veulent faire passer ses réalisateurs: les « relationnistes » se font payer cher par leur clients qui ont fait de graves erreurs (exemples de Maple Leaf avec la crise de la listériose et Toyota à l’appui).
Donc, les professionnels en relations publiques se font payer très cher par des criminels pour les sortir de leur situation inconfortable au moyen de message contrôlés diffusés dans les médias.
Allons, bon! Les médias seraient donc complices puisqu’ils diffusent ces messages, même mot pour mot parfois comme le montre le reportage.
Moi, ce que j’en pense c’est que dans la vie de tous les jours, tout en restant honnête et vrai, on se prépare, on anticipe (ou on essaie) sur ce qui va ou peut se passer et on a ainsi l’impression de plus contrôler les choses.
N’importe quelle fille (n’importe qui même), j’en suis certaine, s’est déjà retrouvée devant un miroir un jour et s’est essayée à répondre à une question imaginaire posée par un hypothétique beau jeune homme dans une fantasmatique situation de drague située dans un lieu idyllique. Est-ce mentir et être malhonnête que de faire cela? Non, c’est se préparer et essayer de se montrer sous son meilleur jour; il n’y a rien de mal là-dedans.
Mentir, ce n’est pas acceptable, c’est une question d’éthique. Accepter un contrat, décider de conseiller une personne coupable, c’est chacun, avec soi-même, qui doit décider.
Mais arrêtons de jeter la pierre aux RP, ce métier est un métier d’écoute et d’anticipation, de gestion de ce qui arrive et de ce qui peut arriver et de comment en parler. Il ne s’agit pas de faire un lavage de cerveau aux gens dans un climat de propagande.
Il n’est pas question de manipuler intentionnellement le cours des choses, mais bien d’avoir un impact positif sur les événements dans le respect de tous. Point.

Ce débat me lasse, mais j’aime bien ta façon de parler d’un métier d’écoute, d’anticipation et de gestion. N’importe quel gestionnaire pratique cela et on ne leur en fait pas de reproche. N’importe quel journaliste pratique cela aussi et on ne les accuse pas de tromper la population. Si les auteurs de Mirador avaient présenté les relations publiques telles qu’elles sont pratiquées quotidiennement par une majorité de professionnels, il n’auraient pas pu vendre leur série… les cotes d’écoute auraient été trop basses.
Vous avez sans doute raison monsieur Bouchard on parle bien de côtes d’écoute et non de « coller à la réalité », maintenant, sans grossir les traits de façon aussi caricaturale, on aurait pu présenter notre réalité avec plus de respect, je pense.
Mais, comme j’en parlais dans un billet précédent, la série traite d’une histoire de famille et de sexe, bien avant d’évoquer le métier que nous faisons! De ce point de vue là, elle ne répond pas à « nos attentes » mais comble une autre soif!
Quand on accuse les relationnistes de mentir, je leur donne souvent l’exemple de l’entrevue. Quand on donne une entrevue, on veut se montrer sous son meilleur jour (un peu comme ton exemple Aurélie de la date !). On ne ment pas, mais on met nos expériences en valeur, bien choisies et en lien avec le poste à combler. On valorise nos qualités tout en expliquant au besoin, comment on souhaite améliorer notre pire défaut. On demeure avec une vison optimiste. On croit en nous et en nos capacités vis-à-vis l’adversité ! Il y a moyen de rester très authentique dans le processus.
Bonjour Aurélie. C’est la première fois que je tombe sur ton blogue et félicitation, tes billets sont très intéressants! Bravo aussi pour ta vision des relations publiques dans ce billet ci.
Je suis entièrement d’accord avec toi et sur ce qu’est réellement le rôle des relations publiques. De plus, je rajouterais que notre métier est comme n’importe qu’elle métier. Nous pratiquons notre métier selon qui nous sommes. Alors un expert comptable agrée peut aussi bien aider une entreprise à faire de fausse déclaration et on ne jettera pas de pierre à la profession pour autant. Bref, j’espère que notre profession sera reconnue à juste valeur dans un futur rapproché.
À cet effet, je vous recommande de lire « Conjuguer avec les médias, les défis inédits du relationniste », publié aux Presses de l’Université Laval. Pour ma part, ça ma fait un petit baume de voir le changement de perception qui est en train de se faire par rapport au rôle des relations publiques dans le secteur public et privé.
Bien sûr qu’il est tout à fait possible de rester authentique,mais, comme tu dis si bien, ça part d’une confiance en nous et en ce que l’on fait.
Bonsoir Francis, merci d’avoir pris le temps de partager ta référence et de laisser un commentaire.
L’éthique, ça va chercher tout le monde, je préfère parler de cela plutôt que de contrôle du message. Je pense que cela risque d’être de plus en plus difficile de croire dur comme fer en des messages « préfabriqués » par rapport à des propos tenus par des vraies personnes, qui se sont approprié le message en lequel elles croient.
Un changement de perception, c’est déjà ça, pourvu qu’il ne soit pas trop négatif!